Conduire en hiver au Québec – Ma première nuit dans une tempête

La conduite hivernale au Québec vous inquiète ? Rassurez-vous, vous n’êtes pas seul-e. Entre les routes glacées, la poudrerie et les orignaux en embuscade, il y a de quoi serrer un peu le volant. Mais avec quelques réflexes de base et un brin de préparation, tout se passe bien — ou presque.

La fameuse tempête du 14 mai (ou du 17, on débat encore)

Une journée de tempête incroyable qu’on n’avait pas vu venir ! Il faisait tellement beau ! Pour la petite histoire, à Québec ce soir-là, de grandes baies vitrées du Hilton Québec se sont littéralement brisées en mille morceaux. Mais revenons sur la route. Nous roulions sur l’A20 en direction de l’est qui longe le fleuve St-Laurent et allions prendre la sortie route 185 sud (qui est devenue l’autoroute 85 aujourd’hui) en direction du Témiscouata. On est sur la Transcanadienne qui parcourt le Canada d’ouest en est. La sortie venait d’être fermée par la police. Il faisait grand ciel bleu, un temps magnifique. Mais du côté de Saint-Honoré-de-Témiscouata, c’était la tempête. (Normal, là-bas, ils fabriquent la neige !) Avant de pouvoir prendre la bifurcation, nous avons été redirigés par la police vers Rivière-du-Loup. Mon ami me lance, confiant « Je connais un passage ! »

Alors, quand vous entendez ça, méfiez-vous ! 😉 Nous voilà donc partis, chacun dans son van, direction l’inconnu, sur les routes, à traverser les nombreuses congères formées par le vent qui devenait violent. Au bout de 45 minutes, nous nous retrouvons dans un petit village, Saint-Hubert, avec une visibilité nulle. La poudrerie avait tout avalé. Impossible d’avancer plus loin.

Avant de partir : 3 réflexes qui sauvent

Vérifier l’état des routes et la météo

Avant de prendre la route, un simple réflexe : consulter le 511 Québec pour connaître l’état des routes. En hiver, certaines routes peuvent être fermées après une tempête. Vous pouvez aussi vérifier sur le site de Météo Canada (ville de Québec – ville de Montréal). Même s’il fait très beau, le temps peut changer rapidement et vous pourriez devoir dormir dans votre auto. Ça s’est bien passé pour nous, car on était équipés et on a eu de la chance, aussi.

Faire le plein (et rester au-dessus de la moitié)

Heureusement, nous avions fait le plein d’essence. Premier réflexe à adopter : ne quittez jamais la ville sans avoir fait le plein, et refaites-le dès que votre réservoir descend sous la moitié. On doit sortir de l’autoroute pour prendre de l’essence, les stations sont généralement bien indiquées avant les sorties. Regardez bien les panneaux, au Québec, on peut vite se retrouver au milieu de nulle part !

On a tenté de couper le moteur, on avait quand même des couvertes (couvertures). Au bout de 5 minutes, il faisait déjà trop froid. La moitié du réservoir d’essence y est passée pour tenir la nuit, pour avoir du chauffage.

Gare au monoxyde de carbone : lorsque le moteur est allumé, stationnez votre auto contre le vent ou assurez-vous que les gaz d’échappement s’évacuent bien.

Kit d’hiver accessible (pas dans le coffre inaccessible) : Avoir de l’eau, de la bouffe et un peu de chance

A Saint-Hubert, l’aréna a été spécialement ouvert pour accueillir toutes les personnes prises dans la tempête, comme nous. On était nombreux, il y avait des familles. Ce soir-là, la solidarité québécoise a pris tout son sens. Les habitants ont apporté des pizzas, des bouteilles d’eau pour les quelques automobilistes piégés par la tempête comme nous. Plusieurs familles ont dormi dans l’aréna. Beaucoup de bénévoles, de solidarité. Quel accueil !

De notre côté, nous avons dormi dans un des de nos van. Un lit improvisé, un convertisseur 12 V pour brancher l’ordinateur. On s’est regardé un film avec le moteur allumé. Quand le vent soufflait et faisait trembler l’auto, on était comme dans un avion durant les turbulences, mais en plus confortable!

Le lendemain, nous sommes repartis, il faisait grand soleil, la route était tracée par les déneigeuses passées tôt le matin. Tout était blanc, les sapins se dressaient, fiers avec leurs 20 cm de neige fraîche sur leurs branches, le paysage scintillait sous les rayons, c’était éblouissant. Magnifique. J’adore les lendemains de tempête.

Alors, là, c’était cool, parce qu’on avait un peu à manger et qu’il y a eu les pizzas. Mais il pourrait arriver que vous dormiez dans l’auto, au mieux sur un stationnement, et loin du monde qui dort.

Check-list pour l’hiver

  • Porter des habits chauds et bottes, ou au moins les avoir dans l’auto, mais pas dans le coffre inaccessible. Si vous sortez pour faire le plein à -20°C ou tempête, avec un grand vent, ayez vos gants proches, c’est pratique. Et c’est bien aussi pour s’arrêter et admirer les paysages.
  • Plein d’essence ou toujours supérieur à 50 % (pour les longs trajets).
  • Une gourde d’eau par personne.
  • À manger. Le froid, ça « bouffe du gaz ». Pas seulement 1 clémentine, pensez nourriture énergétique.
  • Des couvertures ! Même avec le moteur allumé, il peut faire très froid.
  • Un cellulaire chargé à 100 %,
  • Et pourquoi ne pas activer le partage de position avec vos proches ou ceux qui vous attendent ?

Le code de la route : ce qui surprend les Européens au volant

Avant toute chose, n’oubliez pas de jeter un œil sur notre article concernant les différences de code de la route entre le Québec et la France. Spoiler : la priorité à droite n’existe pas et il faut s’arrêter quand on croise un autobus scolaire arrêté … Lisez l’article 🙂

Conduire au Québec, le code de la route est différent

Conduire au Québec et conduire au France

Si vous devez prendre la route au Québec, lisez cet article. Le code de la route québécois contient quelques différences avec le code de la route français. La priorité à droite par exemple n’existe pas au Québec.